"i must leave London
it is bad for my soul
it’s making a hole
that will erode me."
Glen Johnson (Piano Magic)
en septembre 1993, je quitte la france pour londres. dans la poche, un billet air france aller simple, les sous gagnés pendant l’été et une fraîcheur d’esprit chichement cultivée depuis le début de l’adolescence. c’est qu’on a vite fait de nous la faire perdre, celle-là.
j’ai 21 ans et je ne fais pas partie des jeunes gens qui quittent le bercail pour un an ou deux afin d’acquérir une expérience professionnelle à l’étranger. moi, ma vie professionnelle, j’en ai rien à carrer. je pars parce que j’ai besoin d’aller voir ce qui se passe ailleurs. je pars avant de me fourvoyer trop jeune dans une vie dont les perspectives me sont néfastes.
je ne me doute pas que l’aventure londonienne va durer sept ans. mieux encore, je n’attends rien de l'expérience. je veux seulement acheter plein de disques et aller à plein de concerts. la musique, c’est mon truc. alors, londres, tu penses !
je n’ai aucune ambition. je n’ai aucun plan. sous le noir de rigueur, la seule teinte qui ne m’ennuie pas, ma démarche est purement volontariste. l’action doit prendre toute la place disponible. penser est une punition. dans mon entourage, je fais tâche. pis, j’ai l’impression de ne pas être à ma place en france. je ne me sens pas bien, ici.
je me repasse en boucle ces quelques lignes du Horla de Maupassant. ‘je n’ai plus aucune force, aucun courage, aucune domination sur moi, aucun pouvoir même de mettre en mouvement ma volonté. je ne peux plus vouloir ; mais quelqu’un veut pour moi ; et j’obéis.’ j’ai 17 ans et ces mots sont les plus violents et les plus tristes que j’ai jamais lu. je les bois goulûment. j’éructe les conséquences de l’amour que je leur porte à la tronche de ceux que j’aime et à celle de ceux que je tuerais bien. je les fais miens. je finis même par me persuader de les avoir écrits. ils m’arrangent. ils excusent ma médiocrité. je suis jeune. je suis une merde.
des années plus tard, je lirai ‘Le monde comme volonté et comme représentation’ de Schopenhauer. parfois, quelques livres seulement suffisent à foutre une vie en l’air. c’est à vous dégoûter de la littérature.
j’ai 21 ans et dans quelques jours, j’aurai gagné mon indépendance. je n’aurai plus de comptes à rendre à qui que ce soit. enfin !
au bout de deux mois, la copine qui m’héberge dans le nord de la ville me fiche dehors. ‘tu peux rester ici aussi longtemps que tu veux’, m’avait-elle dit, le jour de mon arrivée. bah, de tout façon, j’en ai marre de ce quartier résidentiel chiant à mourir.
très vite, je me retrouve à partager une maison avec quatre jeunes étudiants anglais adorables et suffisamment cinglés dans le quartier de brixton, à deux pas de la brixton academy, la fameuse salle de concert.
j’aime brixton. enormément. je m’y sens chez moi. et puis, ça me fait frissonner de rentrer tard du boulot et d’emprunter le passage plongé dans le noir entre la station de métro et la maison. c’est que le quartier traîne encore une sale réputation. cette sensation de bien être, je ne la retrouverai nulle part ailleurs.
brixton, donc. c’est qu’il y a de la vie, ici ! il y un marché où j’achète des costumes gris à rayures à dix livres. la veste me sied toujours à merveille. le pantalon est invariablement trop large. peu importe, Nick Cave est mon héro.
sur ce marché encore, il y a d’énormes ghetto blasters qui déversent une musique bizarre. des basses énormes sur des rythmes éprouvants. un genre nouveau est en train de naître, ici même, dans le sud londonien. apparemment, ça s’appelle de la jungle. cette musique faite par des types qui la vendent sur des cassettes audio enregistrées dans leur salon, deviendra bientôt le soundtrack de toutes les boîtes branchées de londres.
mon niveau en anglais est navrant. j’excelle en grammaire mais je suis incapable de tenir une conversation de comptoir. c’est pourtant ce dont j’ai besoin. ma situation est typique du jeune français qui s’est farci les méthodes éculées d’apprentissage de l’anglais de l’éducation nationale.
j’ai dégoté un boulot de plongeur. dans un hôtel cinq étoiles, quand même ! très vite, on me donne des responsabilités. on apprécie le petit frenchie. beaucoup. personne dans le service n’a mon pareil pour faire reluire l’argenterie ou dresser une table de quarante couverts tout en alignant chaque verre avec celui d’à côté, chaque fourchette avec le couteau d’en face.
je découvre le travail d’équipe. un grain de sable derrière les fourneaux ou à la machine à laver la vaisselle et c’est l’effet domino sur tout le service. je découvre que la hiérarchie plombante à la française n’a pas cours ici. je bosse comme un dingue parce qu’on me respecte. et je gagne bien ma vie pour un type qui fait la vaisselle. action !
les murs de la petite chambre que je loue sont vert pomme. je les repeints en blanc afin d’éviter de devenir timbré. la moquette est dégueulasse. elle le restera.
hier, on m’a dit que j’habitais dans la rue où demeurait David Bowie lorsqu’il était tout petit. et demain, il y a Nick Cave & The Bad Seeds avec The Afghan Whigs et les Tindersticks qui jouent ou coin du pâté de maisons. si c’est pas la classe, tout ça !
dans quelques mois, l’horrible mouvement brit-pop va naître. les tabloïds et les magazines spécialisés vont en profiter pour nous faire bouffer de l’union jack à toute les sauces jusqu'à ce qu’Oasis devienne vraiment trop mauvais et que les Spice Girls ne fassent même plus danser les petites filles devant top of the pops.
cela dit, on se marre quand même pas mal lorsque quelqu’un, quelque part, décide qu’une guerre à lieu en ce moment même et que celle-ci s’appelle la guerre Oasis vs. Blur. décidément, il est des combats qui ne peuvent exister qu’au royaume-uni. évidemment, on se bidonnera de plus belle lorsque quelque années plus tard, Mogwai sortira son t-shirt ‘Blur: are shit’. la boucle aura alors été bouclée.
nous sommes en novembre 2007. nul besoin de s’exiler à londres pour assister à l’émergence de mouvements musicaux ou pour assister à la naissance de groupes excitants. une connexion internet suffit. au détour d’un blog musical, je tombe sur la chronique du second album de Burial, ‘Untrue’. le type en parle avec une telle passion et d’une façon si personnelle, que je ne prends même pas la peine d’aller jeter une oreille sur le myspace de l’artiste. je télécharge directement la bête.
il est tard. pour ne pas réveiller le reste de la maison, j’écoute l’album au casque. et là, chose extrêmement rare, je suis happé par ce que j’écoute. instantanément. j’ai des larmes qui montent. le cœur s’emballe.
“holding you
good at being alone
kissing you
could it be alone
loving you
tell me i belong”
cette nuit là, j’écoute l’album trois fois de suite. je comprends vite pourquoi cette musique a cet effet si violent sur moi. cet album est londres. londres et son humidité dense et froide. londres et l’anonymat. londres et la solitude. souvent plus grande qu’ailleurs, la solitude, à londres. et puis, la pluie qui tombe inlassablement sur la vitre du n2, le bus qui me ramène seul, chez moi, à brixton, tard dans la nuit. les tripes pleines de bière mais surtout éprises de découvertes et de liberté. la jungle sur le marché. la drum and bass et le r&b chez un copain, dj la nuit et coiffeur pour pétasses friquées à kensington le jour. londres et son inhumanité. londres et sa noirceur. londres et sa bonté. londres et sa beauté industrielle. londres et ses pubs glauques de banlieue où des adolescentes de 15 ans, maquillées à outrance et portant des jupes ras la moule et des talons hauts, se font baiser dans l’allée de derrière par des mecs qui deux minutes avant beuglaient autour de leur énième pinte “we don't talk about love we only want to get drunk”, les seuls mots qu’ils semblent connaître du hit single britannique le plus émouvant des années 90, ‘A Design For Life’, des Manic Street Preachers.
“libraries gave us power
then work came and made us free
what price now for a shallow piece of dignity
i wish I had a bottle
right here in my dirty face to wear the scars
to show from where I came
we don't talk about love we only want to get drunk
and we are not allowed to spend
as we are told that this is the end
a design for life”
je suis profondément touché par ‘Untrue’ car cette musique, je l’ai vécu. je la porte en moi. c’est un pan tout entier de ma vie. c’est un bout d’humanité. c’est le son d’une ville en perpétuelle (ré)création et de la solitude urbaine portée à son paroxysme.
évidemment, il n’est pas nécessaire d’avoir habité londres et encore moins le sud de londres pour apprécier ‘Untrue’. après tout, la désintégration de nos valeurs humaines au profit d’un individualisme morbide semble être le lot de l’humanité toute entière, ces décennies-ci.
nous sommes en 2008. la musique de Burial, comme celle de Godspeed You Black Emperor ! avant elle, nous invitent à prendre grand soin des uns mais aussi de tous les autres. les écoutons-nous ? assurément pas. en attendant, on peut toujours s’épancher avec tristesse, colère, désarroi, dégoût ou espoir sur le cadavre naissant d’une certaine fin.
THE BERG SANS NIPPLE ‘Along The Quai’
il faudra qu'on m’explique pourquoi est-ce qu’un album d’une telle qualité ne bénéficie pas d’une distribution digne de ce nom en france. c'est à n’y rien comprendre. eh, je rigole ! évidemment que je sais pourquoi. c’est juste que la plupart des acteurs de l’industrie française du disque ont clairement autre chose à faire que leur métier. comme passer leur temps à se plaindre et à chialer, par exemple.
plus abouti que ‘A Form Of…’, le premier album paru en 2003, ‘Along The Quai’ est un disque dont la structure et les lignes rythmiques sont confondantes d’ingéniosité sans être chiantes comme peuvent l’être celles de certains virtuoses de la cymbale.
car si Berg Sans Nipple est avant tout une histoire de percussions qui donnent l’impression de partir dans tous les sens, il faut reconnaître au duo franco-américain un certain talent de mélodiste. la structure pop, ils pratiquent aussi. reste à bidouiller, à rajouter des couleurs à l’aide de trompette, de synthé, de glockenspiel, de steel-drums (des percussions fabriquées notamment du coté de trinidad et qui sont à elles seules une invitation au voyage) et de joujoux électroniques. les voix ne sont pas en reste puisque Shane pousse ici et là la chansonnette. souvent passée à la moulinette, la chansonnette, ceci dit.
par moment, on a l’impression d’être à l’intérieur d’un jeu d’enfant branché sur du 10,000 volts. ça fait des étincelles et ça saute de partout.
original, abordable (j’imagine carrément ma grand-mère au bras d’un fondamentaliste indé sautiller bras dessus, bras dessous sur certains titres) et particulièrement jouissif, ‘Along The Quai’ est un album qui aurait dû rencontrer un large public.
LOW ‘Drums And Guns’
Low est le plus grand groupe de la planète. Et puis c'est tout. Mimi, Alan ! You’re the dogs’ bollocks ! Whooooo ! on ne prend pas son billet pour le pays de Low afin de se fendre la poire. à vrai dire, le patelin où demeurent Alan et Mimi est sûrement un des plus sinistres de la planète indé. et ne comptez pas sur ‘Drums & Guns’ pour vous arracher une risette. quoi que. car à l’instar de Diamanda Galas, la grande prêtresse du glauque, certaines chansons ici et là sont clairement teintées d’humour noir. alors, bien sûr, il est facile de ne voir en ‘Drums & Guns’ et dans la musique et les paroles de Low en général qu’un ramassis d’idées noires ; une longue complainte désabusée. en vérité, j’entends aussi des ailes d’anges qui se débattent comme un beau diable là dedans.
extrêmement froid et martial dans la forme, richement produit dans le fond, ‘Drums & Guns’ est aussi un retour à un minimalisme que Low avait largement abandonné depuis ‘Things We Lost In The Fire’ en 2001.
~~
le meilleur du reste

après nous avoir enterré en 2005 avec le très sombre ‘Remembranza’, MURCOF se rappelle à notre terrifiant souvenir avec ‘Cosmos’. une fois encore, la musique instrumentale de Fernando Corona ne nous fait pas rigoler des masses. mais l’avantage, ici, c’est qu’il nous invite à déguerpir au plus vite du plancher des vaches à la dérive pour un vol intersidéral de près d’une heure. et ce, non pas au hublot d’un engin spatial mais carrément à l’extérieur de la capsule, nu comme un vers et dans le noir absolu. beau et intriguant.
‘North Star Deserter’ ou quand VIC CHESNUTT et une ribambelle d’intervenants plus généreux et talentueux les uns que les autres, dont les membres de Silver Mt Zion en pleine forme, accouchent d’un grand album humaniste. bonté et générosité ne sont pas des mots que j’associe souvent à celui de musicien. dans le cas de Chesnutt, ces trois mots ne font qu’un.
pour une fois qu’un groupe punk-rock, aux brûlots de deux minutes trente, avaient des paroles intelligentes et rigolotes, ils fallait qu’il explose en plein vol. après l’aventure Shooting At Unarmed Men emmenée par Jonathan Chapple, le bassiste des défunts McLusky, c’est au tour du guitariste et de quelques acolytes, de se lancer dans une nouvelle aventure. avec un nom tel que FUTURE OF THE LEFT, ça commence plutôt bien. vu l’état actuel du parti socialiste en france, ce nom de groupe ne peut m’empêcher de me faire sourire. musicalement parlant, ‘Curses’ est aussi excitant et jouissif que n’importe quel album de McLusky. peut-être plus encore. en outre, les paroles sont toujours aussi aiguisées. pour les jours où j’enverrais bien des tartes à la gueule de tous ces cons.

après nous avoir enterré en 2005 avec le très sombre ‘Remembranza’, MURCOF se rappelle à notre terrifiant souvenir avec ‘Cosmos’. une fois encore, la musique instrumentale de Fernando Corona ne nous fait pas rigoler des masses. mais l’avantage, ici, c’est qu’il nous invite à déguerpir au plus vite du plancher des vaches à la dérive pour un vol intersidéral de près d’une heure. et ce, non pas au hublot d’un engin spatial mais carrément à l’extérieur de la capsule, nu comme un vers et dans le noir absolu. beau et intriguant.
‘North Star Deserter’ ou quand VIC CHESNUTT et une ribambelle d’intervenants plus généreux et talentueux les uns que les autres, dont les membres de Silver Mt Zion en pleine forme, accouchent d’un grand album humaniste. bonté et générosité ne sont pas des mots que j’associe souvent à celui de musicien. dans le cas de Chesnutt, ces trois mots ne font qu’un.
pour une fois qu’un groupe punk-rock, aux brûlots de deux minutes trente, avaient des paroles intelligentes et rigolotes, ils fallait qu’il explose en plein vol. après l’aventure Shooting At Unarmed Men emmenée par Jonathan Chapple, le bassiste des défunts McLusky, c’est au tour du guitariste et de quelques acolytes, de se lancer dans une nouvelle aventure. avec un nom tel que FUTURE OF THE LEFT, ça commence plutôt bien. vu l’état actuel du parti socialiste en france, ce nom de groupe ne peut m’empêcher de me faire sourire. musicalement parlant, ‘Curses’ est aussi excitant et jouissif que n’importe quel album de McLusky. peut-être plus encore. en outre, les paroles sont toujours aussi aiguisées. pour les jours où j’enverrais bien des tartes à la gueule de tous ces cons.
AND ALSO THE TREES ‘(Listen To) The Rag And Bone Man’
nous sommes dans la première partie des années 80 et Robert Smith invite à deux reprises And Also The Trees, un groupe alors confidentiel, à assurer la première partie des tournées britanniques de The Cure.
plus qu’une relation professionnelle, (Smith produira en partie une des premières maquettes des Trees et Tolhurst, batteur des Cure, leur tout premier album) il naît alors entre les deux groupes une amitié sincère et une admiration pour le travail de l’autre.
vingt-sept ans après le premier concert d’And Also The Trees dans une bourgade du warwickshire en angleterre, Robert Smith, et donc The Cure, est devenu une caricature de lui-même. And Also The Trees, quant à lui, signe avec ‘(Listen To) The Rag And Bone Man’ leur meilleur album à ce jour et devient, pour le coup, le seul groupe des années 80 estampillé post-punk/cold-wave/goth toujours en activité à vraiment retenir l’attention.
car ici, il n’est pas question de faux-semblants ou de nostalgie. ici, et aussi singulier que cela puisse paraître pour des musiciens ayant bien roulé leur bosse, nous sommes face à un groupe qui n’a jamais été aussi bon ; un groupe qui tout en gagnant en maturité a retenu toute la sincérité et l’intensité de ses débuts. ceux qui les ont vu lors de leur concert à guichet fermés à la maroquinerie à paris en novembre dernier pourront en attester.
alors, bien sûr, la nature allégorique et le côté romantique et parfois précieux des paroles et de l’univers, bien que moins présents ici que par le passé, et la voix de baryton de Simon Huw Jones peuvent agacer voir même laisser de marbre. mais c’est justement pour ces mêmes raisons qu’And Also The Trees envoûte et subjugue une grande partie de son auditoire.
ELECTRELANE ‘No Shouts No Calls’
plus qu’une relation professionnelle, (Smith produira en partie une des premières maquettes des Trees et Tolhurst, batteur des Cure, leur tout premier album) il naît alors entre les deux groupes une amitié sincère et une admiration pour le travail de l’autre.
vingt-sept ans après le premier concert d’And Also The Trees dans une bourgade du warwickshire en angleterre, Robert Smith, et donc The Cure, est devenu une caricature de lui-même. And Also The Trees, quant à lui, signe avec ‘(Listen To) The Rag And Bone Man’ leur meilleur album à ce jour et devient, pour le coup, le seul groupe des années 80 estampillé post-punk/cold-wave/goth toujours en activité à vraiment retenir l’attention.
car ici, il n’est pas question de faux-semblants ou de nostalgie. ici, et aussi singulier que cela puisse paraître pour des musiciens ayant bien roulé leur bosse, nous sommes face à un groupe qui n’a jamais été aussi bon ; un groupe qui tout en gagnant en maturité a retenu toute la sincérité et l’intensité de ses débuts. ceux qui les ont vu lors de leur concert à guichet fermés à la maroquinerie à paris en novembre dernier pourront en attester.
alors, bien sûr, la nature allégorique et le côté romantique et parfois précieux des paroles et de l’univers, bien que moins présents ici que par le passé, et la voix de baryton de Simon Huw Jones peuvent agacer voir même laisser de marbre. mais c’est justement pour ces mêmes raisons qu’And Also The Trees envoûte et subjugue une grande partie de son auditoire.
ELECTRELANE ‘No Shouts No Calls’
nous sommes le 28 mai 2004, en fin d’après midi. dans quelques heures, je vais fêter mon anniversaire en sautant comme un cinglé pendant 80 minutes sur la musique des Pixies au primavera sound festival à barcelone. en attendant, le cul par terre, la tronche passablement retournée par les nombreux gin tonic généreux (en gin) de nos amis espagnols (ils ne connaissent pas les dosettes, au sud des pyrénées), c’est plus fort que nous, on se fiche carrément de qui joue où, quoi et à quelle heure sur les différentes scènes. aujourd’hui, on veut les Pixies. le reste, on s’en fout. de toute façon, je ne vois pas l’intérêt d’aller voir ce qui se passe ailleurs. car ailleurs, ce sera forcément nul comparé aux Pixies.
en fin d’après-midi, après avoir loupé Sun Kil Moon et Swell, on se décide à lever le camp. parce que, bon. faut pas croire, mais mes copains et moi, on ne fait pas partie des abrutis de service qui vont aux festivals juste pour descendre des bières et gerber sur vos chaussures.
nous voilà à présent sous une grande tente avec plein de gens super sympathiques. qu'est ce qu’ils sont beaux et gentils, les gens, par ici, quand même. et là, la claque. les Pixies ? plus rien à cirer. comment qu’elles s’appellent, les filles, là ? Electrelane ? nom d’une pipe ! c’est que je n'ai pas vu et entendu un groupe indé aussi excitant depuis super longtemps, moi !
plus pop que ses prédécesseurs, plus accessible aussi, ‘No Shouts No Calls’ est un grand disque de plus à la discographie déjà exemplaire d’Electrelane.

j’aime beaucoup Le Mans, le groupe dans lequel Tereza et Ibon, les deux protagonistes de SINGLE, ont œuvré dans les années 90. c’est qu’ il y avait dans cet indie pop espagnol une sensibilité que même les disques des maîtres Stereolab et St Etienne ne pouvaient égaler.
‘Pio Pio’ a beau piocher dans une myriade de genres, (hip-hop, r&b, country…), on se retrouve au final avec un disque de pop très réussi et d’une inventivité rare. un album d’une belle fraîcheur comme un joli fruit mûr à dévorer sur l’arbre.
je suis les aventures éclectiques de monsieur Defever depuis ses débuts chez 4ad à l’aube des années 90. et, fait rare pour un musicien qui se plait à jongler avec tant de collaborateurs, j’affectionne tout ce que le garçon à fait jusqu’alors sous le nom de HIS NAME IS ALIVE. si ‘Xmmer’ n’est pas un retour aux sources en tant que tel, (Defever a toujours regardé droit devant lui), la voix féminine si particulière qui accompagne Warren cette fois-ci nous ramène 17 ans en arrière, à l’époque de l’album ‘Livonia’. ce qui ne manque pas de me faire chaud au cœur à chaque nouvelle écoute.
mis à part les hits de la deuxième partie des années 80 qui passaient en boîte lorsque j'étais ado et sur lesquelles les filles se trémoussaient, je n'ai vraiment découvert l'univers d'ETIENNE DAHO qu'en 1995 avec 'reserection', une collaboration avec st etienne en forme de mini album. lorsqu''Eden' est sorti l'année suivante, je me suis pris une grosse claque. en gros, jamais je n'avais écouté un disque de pop française aussi excitant. à vrai dire, 'Eden' reste à ce jour un de mes albums préférés, toutes catégories confondues. il faut reconnaitre en Daho un vrai talent d'écriture et une sensibilité pop anglo-saxonne rare en nos contrées. 'Pop Satori', 'Eden', le petit dernier 'L'Invitation', et dans une certaine mesure 'Corps & Armes', bien rares sont les français capables d'accoucher de telles pépites.
EFTERKLANG ‘Parades’
lorsque j’étais petit, je chantais dans une chorale. je ne sais pas ce qu’est devenu la maîtrise de la cathédrale de chartres. mais à l’époque, elle était super rock n roll. c’est qu’on les a fait trembler plus d’une fois, les murs de la cathédrale. notre cathédrale ! du Gloria de Vivaldi à la Messe Solennelle de Vierne, elle en a enduré, la vieille. soit dit en passant, Sunn O))) à côté de Vierne, c’est vraiment des rigolos.
bref, à la chorale, on chantait plein de trucs mélancoliques et super sombres. je me souviens notamment du Réquiem de Fauré, une œuvre d’une beauté incroyable. je pense que mon goût pour les musiques tristes vient de là. de mes années à chanter la mort. je pense aussi que si ma relation avec celle-ci est ce qu’elle est, c’est que le chant y a insufflé tant de beauté que je ne peux la trouver infâme.
que l’œuvre chantée soit ténébreuse ou d’humeur badine, le chant choral a ceci de particulier qu’il permet toujours de toucher au bonheur. époumonez vous à un concert de I’m From Barcelona ou avec la chorale de votre quartier, chantez la folie de l'économie capitaliste telle qu'elle se pratique en ce début de 21ème siècle et l’espoir infini avec A Silver Mt Zion, faîtes la foire avec The Polyphonic Spree ou interprétez le Requiem de Mozart dans une cathédrale, et vous vous sentirez pousser des ailes tout en ayant la larme à l’œil. il suffit de laisser tomber l’armure.
The Polyphonic Spree, A Silver Mt Zion mais aussi Broken Social Scene ou Efterklang ont beau extraire beaucoup de leur matière première à la mine du désarroi, participer à l’un de leurs concerts, écouter certains de leurs disques, peut être une des expériences les plus cathartiques qui soient. heureux d’être tristes et perdus. tous ensemble.

prenez dans une main la marionnette animée de MICHAEL CASHMORE, le musicien qui a écrit les plus belles pages de l’aventure Current 93. dans l’autre, la marionnette d’ANTONY, le garçon responsable de m’avoir fait pleurer comme une madeleine en 2005 avec ses Johnsons et son ‘I Am A Bird Now’. rapprochez les deux mains et regardez les deux bonhommes se faire des bisous sous les mots bienveillants d’une des figures les plus emblématiques de l’histoire de la musique de ces vingt dernières années, David Tibet. ‘The Snow Abides’ est le plus beau disque qu’il m’ait été donné d’écouter cette année.
autre très beau EP, celui de THE SLEEPING YEARS qui avec ‘Clocks And Clones’ signe le meilleur disque de la très jolie, tant dans le fond que dans la forme, trilogie de mini-albums sortis cette année. toujours lumineuse, la musique de Dale Grundle envoûte par sa poésie, sa simplicité et sa profondeur. de plus, il est aisé de se laisser toucher par la voix si particulière du bonhomme et la nature mélancolique des mélodies, qu’elles soient d’humeur pop ou folk. 'Strays’, ‘Untroubled’ mais aussi ‘Setting Fire To Sleepy Towns’ (un titre que l’on trouve sur la seconde partie de la trilogie), ces chansons à elles seules font de Grundle une des plumes les plus engageantes de la scène indé folk d’outre-manche.
qu'un quatuor de rouges-gorges ait écrit 'Kurr', passe encore. surtout que j'imagine très bien un passereau jouer de la scie musicale. mais des humains ? voilà qui est difficilement croyable. après deux jolies EP, les quatre jeunes demoiselles d'AMIINA nous offre leur premier album et c’est à se demander comment on est parvenu à s’endormir chaque soir, toutes ces années durant, sans l’aide de ces magnifiques berceuses islandaises.
en fin d’après-midi, après avoir loupé Sun Kil Moon et Swell, on se décide à lever le camp. parce que, bon. faut pas croire, mais mes copains et moi, on ne fait pas partie des abrutis de service qui vont aux festivals juste pour descendre des bières et gerber sur vos chaussures.
nous voilà à présent sous une grande tente avec plein de gens super sympathiques. qu'est ce qu’ils sont beaux et gentils, les gens, par ici, quand même. et là, la claque. les Pixies ? plus rien à cirer. comment qu’elles s’appellent, les filles, là ? Electrelane ? nom d’une pipe ! c’est que je n'ai pas vu et entendu un groupe indé aussi excitant depuis super longtemps, moi !
plus pop que ses prédécesseurs, plus accessible aussi, ‘No Shouts No Calls’ est un grand disque de plus à la discographie déjà exemplaire d’Electrelane.

j’aime beaucoup Le Mans, le groupe dans lequel Tereza et Ibon, les deux protagonistes de SINGLE, ont œuvré dans les années 90. c’est qu’ il y avait dans cet indie pop espagnol une sensibilité que même les disques des maîtres Stereolab et St Etienne ne pouvaient égaler.
‘Pio Pio’ a beau piocher dans une myriade de genres, (hip-hop, r&b, country…), on se retrouve au final avec un disque de pop très réussi et d’une inventivité rare. un album d’une belle fraîcheur comme un joli fruit mûr à dévorer sur l’arbre.
je suis les aventures éclectiques de monsieur Defever depuis ses débuts chez 4ad à l’aube des années 90. et, fait rare pour un musicien qui se plait à jongler avec tant de collaborateurs, j’affectionne tout ce que le garçon à fait jusqu’alors sous le nom de HIS NAME IS ALIVE. si ‘Xmmer’ n’est pas un retour aux sources en tant que tel, (Defever a toujours regardé droit devant lui), la voix féminine si particulière qui accompagne Warren cette fois-ci nous ramène 17 ans en arrière, à l’époque de l’album ‘Livonia’. ce qui ne manque pas de me faire chaud au cœur à chaque nouvelle écoute.
mis à part les hits de la deuxième partie des années 80 qui passaient en boîte lorsque j'étais ado et sur lesquelles les filles se trémoussaient, je n'ai vraiment découvert l'univers d'ETIENNE DAHO qu'en 1995 avec 'reserection', une collaboration avec st etienne en forme de mini album. lorsqu''Eden' est sorti l'année suivante, je me suis pris une grosse claque. en gros, jamais je n'avais écouté un disque de pop française aussi excitant. à vrai dire, 'Eden' reste à ce jour un de mes albums préférés, toutes catégories confondues. il faut reconnaitre en Daho un vrai talent d'écriture et une sensibilité pop anglo-saxonne rare en nos contrées. 'Pop Satori', 'Eden', le petit dernier 'L'Invitation', et dans une certaine mesure 'Corps & Armes', bien rares sont les français capables d'accoucher de telles pépites.
EFTERKLANG ‘Parades’
lorsque j’étais petit, je chantais dans une chorale. je ne sais pas ce qu’est devenu la maîtrise de la cathédrale de chartres. mais à l’époque, elle était super rock n roll. c’est qu’on les a fait trembler plus d’une fois, les murs de la cathédrale. notre cathédrale ! du Gloria de Vivaldi à la Messe Solennelle de Vierne, elle en a enduré, la vieille. soit dit en passant, Sunn O))) à côté de Vierne, c’est vraiment des rigolos.
bref, à la chorale, on chantait plein de trucs mélancoliques et super sombres. je me souviens notamment du Réquiem de Fauré, une œuvre d’une beauté incroyable. je pense que mon goût pour les musiques tristes vient de là. de mes années à chanter la mort. je pense aussi que si ma relation avec celle-ci est ce qu’elle est, c’est que le chant y a insufflé tant de beauté que je ne peux la trouver infâme.
que l’œuvre chantée soit ténébreuse ou d’humeur badine, le chant choral a ceci de particulier qu’il permet toujours de toucher au bonheur. époumonez vous à un concert de I’m From Barcelona ou avec la chorale de votre quartier, chantez la folie de l'économie capitaliste telle qu'elle se pratique en ce début de 21ème siècle et l’espoir infini avec A Silver Mt Zion, faîtes la foire avec The Polyphonic Spree ou interprétez le Requiem de Mozart dans une cathédrale, et vous vous sentirez pousser des ailes tout en ayant la larme à l’œil. il suffit de laisser tomber l’armure.
The Polyphonic Spree, A Silver Mt Zion mais aussi Broken Social Scene ou Efterklang ont beau extraire beaucoup de leur matière première à la mine du désarroi, participer à l’un de leurs concerts, écouter certains de leurs disques, peut être une des expériences les plus cathartiques qui soient. heureux d’être tristes et perdus. tous ensemble.

prenez dans une main la marionnette animée de MICHAEL CASHMORE, le musicien qui a écrit les plus belles pages de l’aventure Current 93. dans l’autre, la marionnette d’ANTONY, le garçon responsable de m’avoir fait pleurer comme une madeleine en 2005 avec ses Johnsons et son ‘I Am A Bird Now’. rapprochez les deux mains et regardez les deux bonhommes se faire des bisous sous les mots bienveillants d’une des figures les plus emblématiques de l’histoire de la musique de ces vingt dernières années, David Tibet. ‘The Snow Abides’ est le plus beau disque qu’il m’ait été donné d’écouter cette année.
autre très beau EP, celui de THE SLEEPING YEARS qui avec ‘Clocks And Clones’ signe le meilleur disque de la très jolie, tant dans le fond que dans la forme, trilogie de mini-albums sortis cette année. toujours lumineuse, la musique de Dale Grundle envoûte par sa poésie, sa simplicité et sa profondeur. de plus, il est aisé de se laisser toucher par la voix si particulière du bonhomme et la nature mélancolique des mélodies, qu’elles soient d’humeur pop ou folk. 'Strays’, ‘Untroubled’ mais aussi ‘Setting Fire To Sleepy Towns’ (un titre que l’on trouve sur la seconde partie de la trilogie), ces chansons à elles seules font de Grundle une des plumes les plus engageantes de la scène indé folk d’outre-manche.
qu'un quatuor de rouges-gorges ait écrit 'Kurr', passe encore. surtout que j'imagine très bien un passereau jouer de la scie musicale. mais des humains ? voilà qui est difficilement croyable. après deux jolies EP, les quatre jeunes demoiselles d'AMIINA nous offre leur premier album et c’est à se demander comment on est parvenu à s’endormir chaque soir, toutes ces années durant, sans l’aide de ces magnifiques berceuses islandaises.
THE TWILIGHT SAD ‘Fourteen Autumns & Fifteen Winters’
contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, il s’en est quand même passé de bonnes, dans les années 80.
"années 80, années fric !" nous assène t-on, à longueur de colonnes. si tel était le cas, j’imagine que tout ce qui se fait en ce moment, et depuis quelques années déjà, est une montagne de merde. "début des années 2000, années ou le fric ne va plus qu’au fric !"
bientôt, on l’aura tous au milieu du salon, l’écran plat de 107cm de diagonale devant lequel on a tant bavé. on doit tous avoir de grands salons ou souffrir de myopie, vraiment. bientôt, on pourra tous s’envoler pour les seychelles pour eur3,50+ taxes. super chers, les taxes. ben oui, c’est le système pollueur-payeur, banane. " – comment ça, je fiche la planète en l’air ? je paye mes taxes vertes, moi, monsieur. comment ça, je contribue à appauvrir les plus démunis et à engraisser les nantis ? c’est dur pour tout le monde, monsieur." nous sommes en 2008. et on nous en fait croire, des choses.
les années 80, donc. contrairement aux apprentis dracula de la même génération qui se ruent aujourd’hui encore sur le cadavre encore chaud des Chameleons ou celui carrément moins fumant de Joy Division, The Twilight Sad ne sucent pas. ils construisent. j’entends dans la musique flamboyante et cathartique des écossais, un grand groupe de rock en devenir. je perçois aussi, dans les paroles du chanteur, une certaine obsession pour la période adolescente qui, de par la sincérité du propos, est particulièrement touchante.
nous sommes en 2008. et j’ai un mal fou à m’extirper de la schizophrénie ambiante. lorsqu’une minute de lucidité me berce, j’ai des envies de meurtre. j’aspire à me faire de l’actionnaire. puisque nous sommes sur un rafiot qui, de là où je tente de me (re)tenir, prend l’eau de toutes parts, nous devrions jeter à la mer les salauds de tout poil qui, sciemment, entretiennent la pauvreté et freinent nos élans humanitaires.
AUTRES DISQUES QUE J'AI BEAUCOUP AIME CETTE ANNEE
KLIMA, s/t
YEAH YEAH YEAHS, Is Is EP
PSYKICK LYRIKAH, Acte
COCOROSIE, The Adventure Of Ghosthorse and stillborn
COLLEEN, Les Ondes Silencieuses
NANCY ELIZABETH, Battle And Victory
TU SERAS TERRIBLEMENT GENTILLE, s/t 7"EP
JULIA KENT, Delay
THE POLYPHONIC SPREE, The Fragile Army
ROTHKO, Eleven Stages Of Intervention
A HAWK & A HACKSAW & THE HUN HANGAR ENSEMBLE, s/t EP
LIBRARY TAPES, Höstluft
STARS OF THE LID, And Their Refinement Of The Decline
HRSTA, Ghosts Will Come And Kiss Our Eyes
CONCERTS PREFERES DE L'ANNEE
LES SAVY FAV – Paris, Nouveau Casino – 26oct
AND ALSO THE TREES – Paris, La Maroquinerie – 24nov
THEE SILVER MT ZION MEMORIAL ORCHESTRA & TRA-LA-LA BAND – Paris, Le Cabaret Sauvage – 16avr
ELECTRELANE – Paris, La Cigale – 27avr
GUS GUS – Paris, La Marquinerie – 26sep
MURCOF & SAUL SAGUATTI - Paris, La Géode - 10mar
THE SLEEPING YEARS – Paris, Le Divan du Monde – 17mar
ERNESTO TOMASINI & OTHON MATARAGAS – Paris, Les Voûtes – 01dec

i am a barrel 35 bloodied tooth taken out
with a naked body that smells of destruction
abuse it before transangry claws come
cos i am no more
stick it up
and shut it barking
cos there’s nothing you can do
nothing a fucking can
i am your post-modernism slick ground talkin
as deep and meaningful as cow shit in the gallery
so get your snuffy in town before i take possession
cos i am no more
stick it up
and shut it barking
cos there’s nothing you can do
nothing a fucking can
stick it up
and shut it barking
you know there’s nothin
nothing left at all
contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, il s’en est quand même passé de bonnes, dans les années 80.
"années 80, années fric !" nous assène t-on, à longueur de colonnes. si tel était le cas, j’imagine que tout ce qui se fait en ce moment, et depuis quelques années déjà, est une montagne de merde. "début des années 2000, années ou le fric ne va plus qu’au fric !"
bientôt, on l’aura tous au milieu du salon, l’écran plat de 107cm de diagonale devant lequel on a tant bavé. on doit tous avoir de grands salons ou souffrir de myopie, vraiment. bientôt, on pourra tous s’envoler pour les seychelles pour eur3,50+ taxes. super chers, les taxes. ben oui, c’est le système pollueur-payeur, banane. " – comment ça, je fiche la planète en l’air ? je paye mes taxes vertes, moi, monsieur. comment ça, je contribue à appauvrir les plus démunis et à engraisser les nantis ? c’est dur pour tout le monde, monsieur." nous sommes en 2008. et on nous en fait croire, des choses.
les années 80, donc. contrairement aux apprentis dracula de la même génération qui se ruent aujourd’hui encore sur le cadavre encore chaud des Chameleons ou celui carrément moins fumant de Joy Division, The Twilight Sad ne sucent pas. ils construisent. j’entends dans la musique flamboyante et cathartique des écossais, un grand groupe de rock en devenir. je perçois aussi, dans les paroles du chanteur, une certaine obsession pour la période adolescente qui, de par la sincérité du propos, est particulièrement touchante.
nous sommes en 2008. et j’ai un mal fou à m’extirper de la schizophrénie ambiante. lorsqu’une minute de lucidité me berce, j’ai des envies de meurtre. j’aspire à me faire de l’actionnaire. puisque nous sommes sur un rafiot qui, de là où je tente de me (re)tenir, prend l’eau de toutes parts, nous devrions jeter à la mer les salauds de tout poil qui, sciemment, entretiennent la pauvreté et freinent nos élans humanitaires.
KLIMA, s/t
YEAH YEAH YEAHS, Is Is EP
PSYKICK LYRIKAH, Acte
COCOROSIE, The Adventure Of Ghosthorse and stillborn
COLLEEN, Les Ondes Silencieuses
NANCY ELIZABETH, Battle And Victory
TU SERAS TERRIBLEMENT GENTILLE, s/t 7"EP
JULIA KENT, Delay
THE POLYPHONIC SPREE, The Fragile Army
ROTHKO, Eleven Stages Of Intervention
A HAWK & A HACKSAW & THE HUN HANGAR ENSEMBLE, s/t EP
LIBRARY TAPES, Höstluft
STARS OF THE LID, And Their Refinement Of The Decline
HRSTA, Ghosts Will Come And Kiss Our Eyes
CONCERTS PREFERES DE L'ANNEE
LES SAVY FAV – Paris, Nouveau Casino – 26oct
AND ALSO THE TREES – Paris, La Maroquinerie – 24nov
THEE SILVER MT ZION MEMORIAL ORCHESTRA & TRA-LA-LA BAND – Paris, Le Cabaret Sauvage – 16avr
ELECTRELANE – Paris, La Cigale – 27avr
GUS GUS – Paris, La Marquinerie – 26sep
MURCOF & SAUL SAGUATTI - Paris, La Géode - 10mar
THE SLEEPING YEARS – Paris, Le Divan du Monde – 17mar
ERNESTO TOMASINI & OTHON MATARAGAS – Paris, Les Voûtes – 01dec

i am a barrel 35 bloodied tooth taken out
with a naked body that smells of destruction
abuse it before transangry claws come
cos i am no more
stick it up
and shut it barking
cos there’s nothing you can do
nothing a fucking can
i am your post-modernism slick ground talkin
as deep and meaningful as cow shit in the gallery
so get your snuffy in town before i take possession
cos i am no more
stick it up
and shut it barking
cos there’s nothing you can do
nothing a fucking can
stick it up
and shut it barking
you know there’s nothin
nothing left at all






